La secrétaire d’État chargée de l’Écologie présente aujourd’hui, à Perros-Guirec, un nouveau système de certification des eaux de baignade.
L’entrée en vigueur, en 2015, de la directive européenne de 2006 sur la qualité des eaux de baignade risque de poser des problèmes à de nombreuses communes.
Oui, deux études concluent que pas mal de plages seraient fermées si on appliquait, dès aujourd’hui, ce nouveau référentiel. De 4 à 7 %, selon l’Afsset (Agence de sécurité sanitaire), et près de 10 %, selon l’association Surfrider foundation. Compte tenu de l’importance de notre littoral, de l’importance du tourisme et de l’importance qu’a, pour tous, la qualité des eaux, je veux que l’on anticipe. Pour ne pas se retrouver, en 2015, avec des plages qui ferment.
De quelle façon ?
On teste, cet été, conjointement avec l’Association des maires du littoral (Anel) et l’Association des stations classées, un système de certification sur quinze plages test (1). À partir de l’an prochain, on commencera à avoir les premières communes certifiées ; progressivement, j’espère qu’il y en aura de plus en plus. Cette certification, qui entre dans le système Iso 14 000, anticipe les exigences européennes. Celles-ci portent sur deux paramètres microbiologiques (entérocoques et escherichia coli), avec des normes plus sévères.
Qu’est-ce que cela va changer ?
On passe d’un système centralisé, où les contrôles sont effectués par les Ddass (Direction départementale de l’action sanitaire et sociale), à un système où on demande à la commune d’avoir une gestion dynamique. La certification ne mesure pas que la qualité de l’eau, elle mesure aussi la qualité de sa gestion. Vous pourrez être certifié en ayant une plage classée en B, pourvu que vous ayez un programme de réhabilitation. On prend en compte aussi la transparence, l’information du public.
Quelle sera la fréquence des tests ? Sait-on le coût que cela représente ?
Ce qui est intéressant, c’est que l’organisme certificateur - un bureau d’étude privé - commence par établir, avec la commune, un profil de baignade : quelles pollutions ? quels risques ? En fonction, on établit un programme. La fréquence des prélèvements dépend du risque. Il peut aussi y avoir des mesures de gestion : par exemple, créer un bassin de rétention à tel endroit parce qu’il y a un risque important. Le coût va donc varier selon les communes, l’état initial des eaux…
Qui prendra en charge ces dépenses ? Quel est le rôle de l’État ?
Le coût est à la charge des communes. La certification est une démarche volontaire, un choix fait par la commune pour accompagner son développement touristique. L’État propose un instrument et assume sa part de responsabilité à travers les contrôles des Ddass, qui continueront au même rythme.
Entre les analyses des Ddass, les Pavillons bleus et ce nouveau label, le baigneur va-t-il s’y retrouver ?
Il y a souvent une confusion : les Pavillons bleus passent auprès du public comme un système d’information sur la qualité de l’eau alors que c’est une information sur la gestion environnementale d’un espace. Pour la qualité de l’eau, il s’appuie sur des analyses de l’année précédente. Ce qui fait que vous pouvez avoir, une année, un problème de pollution et néanmoins un Pavillon bleu. Il faut de la clarté. Pourquoi est-ce que, à terme, la certification ne serait pas une condition pour avoir le Pavillon bleu ?
plus bleu, que le bleu de tes yeux, je ne vois rien de mieux….
La veille, on pouvait lire dans Ouest-France :
Le schéma de gestion des eaux du bassin Seine-Normandie est en révision. Il prévoit de repousser à 2027 le bon état écologique prévu pour 2015.
Du 15 avril au 15 octobre, le projet de schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) fait l’objet d’une consultation. Chacun peut émettre un avis auprès de l’Agence de l’eau. La lecture du document révèle quelques surprises. « Il est pour le moins étonnant de voir reporter au-delà de 2015 et donc revus à la baisse, les objectifs pour les eaux de la Vire, de la baie du Mont-Saint-Michel, de l’Orne aval et de la baie de Seine », s’interroge Didier Anger, porte-parole du Crilan (Comité régional d’information et de lutte antinucléaire).
« Pour les objectifs d’état chimiques des masses d’eaux souterraines, il est plus que surprenant de les voir recherchés pour 2021 sur les côtes nord et ouest du Cotentin et du sud-Manche. Et, entre 2021 et 2027 pour la partie est du Parc naturel des marais, la vallée de l’Orne et la plaine de Caen. » Le militant écologiste soupçonne un manque de fermeté « face aux différents groupes de pression de l’agroalimentaire ».
25 € de plus par habitant
Interrogé, le directeur régional de l’Agence, Daniel Belon, souligne que « des progrès ont déjà été constatés ». Pour expliquer le décalage dans le temps, il évoque en premier « un problème de financement. Pour atteindre 100 % des objectifs fixés en 2015, il aurait fallu investir 10 milliards d’euros, soit le double de l’engagement actuel ». Le comité de bassin a préféré limiter l’augmentation de l’enveloppe à 30 %. L’Agence et les collectivités paieront. Les consommateurs aussi. « Chaque habitant verse 75 € par an, il devra débourser 25 € de plus dans le projet Sdage », souligne Daniel Belon.
L’argument économique n’est pas le seul retenu. « Concernant les chimiques, nous avons des données mais nous ne disposons pas encore de l’état des lieux exact », indique le directeur régional de l’Agence. Pour y voir plus clair, l’Agence a notamment dénoncé le forfait de l’usine nucléaire d’Aréva à La Hague, premier pollueur en nitrate de Basse-Normandie. « On nous a souvent fait valoir le secret industriel pour ne pas donner le niveau exact des rejets. Nous discutons pour connaître le volume exact. » À la clé, un relèvement des taxes réglées par l’industriel du nucléaire.
Rejets nucléaires exclus:
Une industrie dont les rejets radioactifs ne sont pas intégrés au Sdage. Ni la loi sur l’eau de 1992, ni celle de 2006 ne les retiennent en effet comme polluants. « Alors que Jean-Louis Borloo s’émeut de l’état des nappes phréatiques après l’incident de Tricastin. Aucune référence non plus à la convention Ospar (Oslo-Paris), signée par la France et validée par l’Union européenne, note Didier Anger. Elle exige pourtant de réduire à zéro, pour 2019, les rejets chimiques et radioactifs dans les mers du Nord, dont la Manche. Nous sommes dans l’incohérence complète. » Tout dépend de quel point de vue on se place. Le Grenelle de l’environnement n’a-t-il pas, lui aussi, délibérément exclu le nucléaire de son champ d’action.
Jean-Pierre BUISSON.
Nous aurions tort de nous inquiéter, toute le monde sait que La normandie, ca n’est pas la bretagne. Les eaux, ca ne se mélange pas. Je crains par contre que les mêmes causes (“économicologiques”)n’entrainent les mêmes effets :cad une incapacité pour les communes de financer un tel programme.
D’accord, mais, j’avais cru lire dans la presse que notre maire, JDCM, devait rencontrer la ministre, NKM, le jour de sa visite à Perros Guirec, pour lui faire part des préoccupations paimpolaises. Et depuis, plus rien. Aucune trace de cette rencontre dans la presse, ni en texte, ni (plus étonnant encore…) en photo. Ce serait pourtant intéressant d’avoir un petit compte rendu (si la rencontre a bien eu lieu, évidemment…).
Quelqu’un sait-il quelque chose ? On a des infos ? La Tossen va-t-elle fermer en 2015 ?
Patience Pierre, une photo dans la presse d’armor. Mais NKM a l’air concentrée sur autre chose ou quelqu’un d’autre… et les préoccupations Paimpolaises ne donnent pas l’impression de la passionner. Elle fera tout pour qu’aucune plage ne ferme en 2015. Obligation de moyens donc. Est-ce a dire qu’une partie du financement de cette lourde opération est prise en charge par l’état ?