Un virus, «cause probable» de l’hécatombe d’huîtres
AFP
LIBERATION.FR : vendredi 1 août 2008
Bien connu des chercheurs, l’Ostreid Herpes virus 1 a été identifié comme étant la «cause probable» de la surmortalité qui touche les jeunes huîtres sur le littoral français depuis le mois de juin.
Un virus a été identifié comme étant la «cause probable» de la surmortalité qui frappent les jeunes huîtres sur l’ensemble du littoral français depuis le mois de juin, a-t-on appris vendredi auprès du laboratoire de l’Ifremer de La Tremblade (Charente-Maritime).
Une bactérie -«Vibrio splendidus»-, également identifiée dans les échantillons examinés par l’Ifremer, pourrait également avoir facilité l’installation du virus en affaiblissant l’huître.
Comment expliquer ce phénomène ? (IFREMER 1er Aout 2008 source http://wwz.ifremer.fr/institut/actualites/mortalites_d_huitres_en_2008
Les mortalités d’huîtres sont un phénomène relativement courant, mais à des degrés variables d’une année sur l’autre. Devant l’ampleur du phénomène cette année et sa simultanéité dans les bassins français, l’Ifremer a mis en place une cellule de crise depuis le 3 juillet. Son objectif est de coordonner les recherches et d’identifier les causes possibles du phénomène. Trois causes sont actuellement à l’étude :
> Des causes pathologiques
Les travaux menés en pathologie ont pour objectifs principaux la détection d’organismes pathogènes et la démonstration de leur rôle dans les mortalités observées. Il s’agit, dans un premier temps, d’écarter ou de confirmer l’implication d’un organisme pathogène puis, dans un second temps, si un organisme pathogène est détecté, de démontrer son implication dans les mortalités rapportées.
Les approches méthodologiques mises en place par le Laboratoire Génétique et Pathologie de La Tremblade permettent d’explorer d’une part, la présence d’organismes pathogènes connus et d’autre part, la possible émergence d’un nouvel organisme pathogène (dans ce cas, son identification risque d’être plus longue).
Pour éliminer ou incriminer une maladie infectieuse dans le phénomène observé, des échantillons représentatifs des cheptels touchés ont été prélevés et sont actuellement examinés par le LGP. Les premiers résultats montrent qu’il n’a pas été observé d’organismes pathogènes exotiques ou émergents. En revanche, la présence d’un virus et d’une bactérie a été détectée dans l’ensemble des zones atteintes. Le virus (OsHV-1) et la bactérie (Vibrio Splendidus) sont déjà connus mais ont été trouvés cette année dans de très nombreux échantillons présentant des origines diverses. Des examens doivent encore être pratiqués pour déterminer leur implication dans les mortalités observées.
> Des causes environnementales aggravantes
En période de reproduction, les huîtres sont fragilisées. La présence d’un agent pathogène associée à une série de perturbations de l’environnement peut induire des mortalités. Dans le cas présent, les conditions climatiques particulières de l’hiver et du printemps 2008 (hiver doux, printemps pluvieux, remontée rapide et saccadée des températures en juin) ont pu induire une série de perturbations. Parmi celles-ci, des températures de l’eau supérieures à 19°C, une forte abondance de phytoplancton, associée à la présence éventuelle d’espèces algales potentiellement défavorables pour les mollusques filtreurs sont probablement les causes environnementales aggravantes du phénomène des mortalités 2008.
Mais, dans tous les cas, aucune cause environnementale ne peut expliquer, à elle seule, l’ampleur du phénomène. Elle peut se combiner cependant à la présence d’un agent pathogène.
> Des algues toxiques
Les chercheurs explorent également une autre cause possible, celle des algues toxiques. La forte croissance du phytoplancton s’est accompagnée de l’apparition d’espèces peu fréquentes dont certaines peuvent être toxiques pour les animaux marins. Il s’agit notamment d’espèces de petite taille (moins de 20 microns) de Karlodinium et Takayama. Leur présence a été remarquée, particulièrement cette année, dans les eaux côtières bretonnes à partir de fin mai. Des analyses plus approfondies d’eaux des autres secteurs devraient permettre de savoir si ces espèces y étaient également présentes.
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Les études scientifiques à mener
Partant de ce constat, l’Ifremer a proposé de fédérer l’ensemble des compétences nécessaires à l’études de ces interactions :
- Des compétences thématiques : des généticiens, des physiologistes et écophysiologistes, des immunologistes, des pathologistes, des écotoxicologues
- Des compétences zootechniques : en écloserie, nurserie, bassins de production
- Des compétences en environnement
- Les compétences des structures de développement départementales ou régionales
- Des compétences de professionnels des écloseries et de l’élevage
Cela a conduit à la mise en place d’un programme : MOREST.
En attendant, la filière est en crise. Une mission d’enquête va être mise en place. Elle devra décider de l’état de calamité agricole ou non. Elle sera menée par les Affaires maritimes, la Direction départementale de l’Agriculture et les professionnels non touchés par la mortalité des juvéniles. Les conchyliculteurs souhaitent aussi « obtenir un soutien de l’emploi, une aide à la reconstitution du cheptel et un soutien des organismes sociaux », poursuit Joseph Costard. Il pilotera cette semaine une réunion de coordination Normandie avant d’être reçu, avec d’autres responsables régionaux, par le cabinet du ministre de l’Agriculture prochainement.
Céline GUITTON.
Mortalité estivale de l’huître creuse (Source IFREMER, la piste climatique . 22 Juillet 2008)
Des explications

Affaire à suivre