Demain, Paimpol à Vivre…

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Tu me fais tourner la tête

La fête foraine fait réagir les habitants 
L’un souhaite que la fête foraine ne s’installe plus sur le port. L’autre se souvient des images de son enfance 
Gérard Le Jean réagit par courriel à l’article sur la fête foraine (Ouest-France du 4 juin). 

« J’ai choisi le coin de Paimpol comme lieu de résidence définitive il y a 13 ans. C’est un peu mon coin d’enfance, c’est surtout, dans une zone littorale superbe, une petite ville très vivante et qui a un cachet incomparable avec le port dans la ville. Tous les amis y viennent avec plaisir… sauf fin mai début juin, au moment de la fête foraine.

Je suis complètement d’accord avec le Guide du Routard : il faut éviter Paimpol à ce moment. Cette « fête » qui n’en est pas une, est une vraie calamité pour la ville, pour ses habitants et pour les touristes (et donc pour les commerçants si on excepte les forains). Nous ne mettons plus les pieds en ville pendant ces onze à douze jours. Toutes les personnes que je fréquente en pensent la même chose.

« Comment peut-on bloquer une ville, l’enlaidir à ce point dans une période aussi sensible pour une zone touristique ! Au moment où on aimerait retrouver le plaisir des terrasses, des ballades sur le port… C’est une calamité. Dans toutes les villes des mesures ont été prises pour protéger la vie en ville de cette pollution visuelle, sonore, spatiale (impossible de se garer, de circuler…). Non, on ne peut maintenir cette fête en ville à cette date ! Je me réjouis que le problème soit enfin posé et je vous remercie de votre article. Tout le monde pense la même chose, mais j’ai l’impression qu’il y a sur ce sujet une sorte d’omertà ! »

Autre son de cloche de la part de Bruno, qui réagit sur le site Maville.com. Il interpelle le maire : « Souvenez-vous de votre petite enfance, des fêtes locales, du bonheur des enfants, de l’attente que nous avions tous de l’arrivée des manèges. Déplacer une fête foraine, isoler les commerçants forains c’est ne pas faire participer vos concitoyens à leur propre fête. Pensez à tous vos administrés qui devraient subir la loi de quelques commerçants, et qui se verraient privés d’une semaine d’animation. M. le maire, les fêtes foraines ont toujours existé, la population (non commerçante) s’en est toujours réjouie, alors pourquoi, pour une petite minorité, vouloir changer tout cela ? »

La fête foraine doit-elle être déplacée ? 
Dans son édition 2008, le Guide du routard conseille d’éviter Paimpol fin mai-début juin.Ce qui relance le débat sur l’emplacement de la fête. 
Dans le monde du tourisme, le Guide du routard fait la pluie et le beau temps. Pour les villes et les commerces, un bon point distribué est un gage de retombées économiques. Dans son édition 2008, la bible des voyageurs jette un pavé dans la mare de la cité des Islandais. 

Aussitôt après la présentation de la ville, dans la rubrique « Où dormir ? », les inspecteurs mettent les touristes en garde : « Évitez de vous y rendre fin mai-début juin, une fête foraine, plutôt tristoune, s’installe sur le port pendant près de deux semaines ». A propos des charmes du port, ils poursuivent : « Résultat : on n’y voit rien ». Le Routard conclut : « De toute façon », pendant cette période, « les restos ferment presque tous ».

Quel impactpour les commerces ?

Pour le maire Jean-Yves de Chaisemartin, ces commentaires « sont exagérés et déplacés. Je suis surpris qu’ils mettent ça en avant. En plus, la fête foraine est aussi un moment de convivialité et elle ne gâche pas la vue à Paimpol ». Les forains grincent eux aussi des dents. « Qui sont-ils pour se permettre d’écrire que la fête est tristoune ?, s’indigne Grégory Lagnier, porte-parole des industriels forains. Ce n’est pas l’impression que ça a donné ce week-end. Je trouve ça honteux. »

En revanche, force est de constater que pendant la fête, la plupart des restos et des bars du port et du centre-ville tirent le rideau. « Il ne faut pas se voiler la face : quand les forains sont là, c’est ville morte, hormis le samedi et le dimanche. Nos clients éprouvent des difficultés à se garer, à accéder dans le centre, confie un restaurateur. Les Paimpolais nous le disent. Plutôt que perdre de l’argent, autant fermer. »

Ce constat fait sursauter Grégory Lagnier : « Au contraire, nous attirons du monde. Les familles qui viennent à la fête foraine restent manger dans le centre. Et nous, les forains, pendant dix jours, nous consommons et nous faisons marcher les commerces du coin. »

Se pose donc cette vieille question, alors que la fête foraine a plié bagages dimanche: faudra-t-il la déplacer l’an prochain ? La municipalité en a discuté avec les intéressés, la semaine dernière. « Nous voudrions que les manèges situés quai Duguay-Trouin aillent dans la rue entre la salle des fêtes et le rond-point du champ de foire, indique Jean-Yves de Chaisemartin. Ça dégagerait la vue sur le port et pour eux, ce serait intéressant : on créerait une deuxième entrée de la fête juste à côté de la route qui mène vers Bréhat. » Cette proposition concerne trois ou quatre commerçants forains, « qui ont du mal à travailler justement à cause de leur positionnement. Et ça libérerait un quai pour la vue sur les bateaux ».

Pour le reste, notamment le quai Morand, « il semble difficile de faire déménager les forains ». De toute façon, les principaux concernés ne veulent pas en entendre parler. « Délocaliser la fête, c’est hors de question. Nous perdrions 80 % de notre chiffre d’affaires. A Vannes, on nous a décalés de 500 mètres, nous avons perdu 50 % de fréquentation. »

Autre problème à résoudre : le stationnement des caravanes à la Corne de la gare. Elles occupent un gros réservoir de stationnement. Sur ce point, les forains se disent prêts « à faire des efforts ». Lors de discussions, la mairie a émis l’hypothèse de « réunir tout le monde au même endroit, peut-être vers le boulodrome de Guerland

2 Responses

  1. Eric Bothorel dit :

    J’avoue que ce sujet polémiste et quelque peu délicat à traiter.
    Pour autant, que penser des arguments “si on délocalise,on (les industriels forains) perd 80% de notre CA” et “au contraire, nous (toujours les industriels forains) attirons du monde”.
    En somme, la fête attire du monde, mais pas assez pour se situer ailleurs que sur le port, qui lui même, attire du monde… y compris les jours sans fêtes foraine. Pas simple.
    S’agissant du guide du routard, cela fait bien longtemps qu’il ne s’adresse plus aux routards.

  2. bar djo dit :

    je trouve cela honteux les propos tenus par certains ici, la fête foraine embelli le port de paimpol avec ses lumieres, le reste de l’année le port de paimpol est monotone et sans aucune vie. paimpol vieilli et il faut penser aussi a la jeunesse qui risque de quitter les environs faire leur vie

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