Sa fille fait un coma éthylique, il veut que le supermarché trinque
JUSTICE – C’est une plainte d’un genre inédit qui a été déposée la semaine dernière à la gendarmerie de Paimpol (Côtes-d’Armor). Un père, dont la fille avait été retrouvée plongée dans un coma éthylique après avoir absorbé de l’alcool acheté dans un supermarché de la ville, a porté plainte contre l’enseigne pour vente d’alcool à mineurs, un délit passible d’une amende de 3 750 euros. La jeune fille, âgée de 14 ans, avait été secourue par les pompiers le 13 août, vers 4 heures du matin, dans les sanitaires du camping où elle passait des vacances avec ses parents. Hospitalisée durant quelques heures, elle avait plus de 3 grammes dans le sang.
Hypothermie. La veille, en fin d’après-midi, elle s’était rendue dans un supermarché avec une amie de 16 ans pour acheter trois bouteilles d’alcools forts : punch, whisky et vodka. Dans la soirée, elle aurait quitté le mobile-home familial à l’insu de ses parents pour aller boire sur une plage avant d’être retrouvée, inconsciente et en état d’hypothermie, dans les sanitaires du camping.
La plainte, qui a été transmise au parquet de Saint-Brieuc, a soulevé une certaine émotion à Paimpol où la municipalité avait signé en 2006 une convention avec les grandes et moyennes surfaces qui s’engageaient à rappeler la réglementation et à mener des opérations de sensibilisation dans leurs magasins tandis que leur personnel était tenu de demander leur identité «aux personnes susceptibles de ne pas avoir l’âge requis» pour acheter de l’alcool.
Une convention «qui ne règle pas le problème», reconnaît le maire centriste, Jean-Yves de Chaisemartin, qui s’interroge sur les moyens de refuser une vente à des groupes de plusieurs ados. «Je salue l’initiative du père de la jeune fille qui permet de soulever un problème récurrent et trop souvent passé sous silence. Mais la réponse de la justice, qui envisage de poursuivre le caissier qui a vendu de l’alcool à ces jeunes filles, même si c’est la seule possibilité pénale, n’est pas la bonne. La solution est plus complexe et coûteuse. Elle passe par des mesures éducatives et un suivi de jeunes qui sont souvent en grande détresse humaine.»
Dans sa seule ville de Paimpol et ses 10 000 habitants, une vingtaine d’ados «âgés de 12 à 15 ans» seraient des «alcooliques profonds», indique le maire. «On se met minable VSD (vendredi samedi dimanche) avec des alcools forts, et c’est à qui tombera par terre le premier, souligne-t-il. Il ne s’agit plus du verre entre amis.»
Panneaux. Le procureur de la République de Saint-Brieuc, Gérard Zaug, attend d’avoir le dossier complet avant d’envisager des poursuites. «Le caissier a-t-il manqué de discernement ? Aurait-il dû demander une carte d’identité ? Certaines gamines de 14 ans peuvent en paraître 20, remarque-t-il. J’attends d’avoir les photos des jeunes filles pour prendre une décision.»
Les responsables des moyennes et grandes surfaces de Paimpol n’ont pas tardé à réagir en invitant leur personnel à la plus grande vigilance tandis que les panneaux rappelant la loi se multipliaient sur les vitrines. Certaines précisent en outre que, si la vente d’alcool est interdite aux moins de 16 ans, «l’achat d’alcool pour un tiers mineur» peut être aussi répréhensible.
Pierre-Henri ALLAIN
Rappel : projet de loi du 18 Juillet 2008 assemblee
L’article original est sur le site http://www.liberennes.fr/libe/2008/08/sa-fille-fait-u.html.
Toutefois, il faut signaler que AFP, télégramme de brest, Ouest france … relate la même histoire mais pour une jeune fille de deux plus agée (16 ans au lieu de 14). Ce qui ne change pas fondamentalement le problème, mais tant qu’à donner de l’info, autant que PLavivre montre l’exemple, ou ne suive pas les mauvais.
Et que dire de ces jeunes festivaliers, de plus en plus de [très]jeunes filles sont “ramassé(e)s” par les bénévoles des PMA (poste médical avancé) à peine une heure après l’ouverture des portes pour être conduit(e)s en salle de dégrisement dans un état tout aussi critique.
Il a raison Monsieur le Maire, le problème est complexe et il n’y a pas de solutions toutes faites.
Je vous recommande le texte de Christine Ferron, directrice du CRES (Centre Régional d’Education pour la Santé) intitulé “Les jeunes, les médias et la politique”, page 5 de la revue du CRES et téléchargeable sous ce lien : http://www.cresbretagne.fr/fichiers_attaches/HP-numero15.pdf
Si le journaliste n’est pas en mesure de confirmer que la jeune fille avait 14 ans, il nous confirme “selon ses sources” qu’elle en avait bien moins de 16. Dont acte.
dernier commentaire de PHA ce matin “Finalement, le juge étant le plus habilité à transmettre l’information: elle avait 16 ans. Ce sont donc mes sources qui n’étaient pas bonnes et de mauvaises infos qui ont circulé au départ,(…)”
Voila donc les lecteurs de ce site au bon niveau d’information.
14 ou 16 ans, au fond, la différence n’a pas une si grande importance. Ce qui est vrai c’est que des jeunes, de plus en plus jeunes, se défoncent à l’alcool (ou/et à autre chose). Ca a toujours existé, mais cela prend de l’ampleur, et c’est surtout vrai lors de fêtes, mardi du port, festival ou autres. Il “faut” se “mettre minable” dès avant les concerts, sans doute pour être en mesure de les apprécier pleinement…
Au bout du compte que va-t-il se passer ? Un lampiste, le caissier, peut-être à peine plus âgé que la jeune fille en question s’il s’agit d’un saisonnier, va-t-il “trinquer” en lieu et place du responsable du magasin ?
Sur le fond, JYDC a sans doute raison : il faut mettre des moyens, lutter contre le désoeuvrement des jeunes, embaucher des animateurs de rue…etc Cela ne réglera pas tout, mais limitera les dégâts… Là où il se trompe c’est quand il croit (ou feint de croire ?) que l’Etat mettra la main à la poche pour l’aider. Ce n’est pas dans l’air du temps… Il croit sans doute habile de se défausser sur les carences (réelles) des pouvoirs publics (il a fait la même chose sur le problème de l’eau) en oubliant qu’il en fait partie (des pouvoirs publics, pas des carences…). Car c’est bien lui qui a été élu. C’est à lui qu’il revient de régler les problèmes des paimpolais. A quand une vraie politique de la jeunesse à Paimpol ?
Coma d’une mineur : le supermarché rappelé à la loi
P.-H.A. (à Rennes)
QUOTIDIEN : samedi 23 août 2008
Après la plainte d’un père dont la fille avait été retrouvée dans le coma éthylique dans la nuit du 12 au 13 août, le gérant et le caissier du magasin où elle s’était procuré de l’alcool s’en tireront par un simple «rappel à la loi». C’est ce qu’a indiqué Gérard Zaug, procureur à Saint-Brieuc, chargé du dossier. Il a précisé que deux des trois jeunes filles qui avaient effectué l’achat des bouteilles dans un supermarché de Paimpol (Côtes-d’Armor) étaient âgées de «plus de 16 ans», y compris l’adolescente secourue dans le camping où elle passait des vacances avec ses parents. Une troisième, «âgée de 15 ans et 8 mois», avait réglé la note. La vente de boissons alcooliques à des mineurs de moins de 16 ans est passible d’une amende de 3 750 euros.
Oui bien sûr, la loi, elle, fait la différence entre 14 et 16 ans (encore qu’elle va évoluer et porter l’âge limite à 18 ans, ce qui, là non plus, ne réglera pas le problème). Mais dans le fond, pour les parents, la différence est minime : voir son gamin (ou sa gamine) se défoncer ainsi à 14, 15 ou 16 ans… c’est dramatique.
Mais je n’avais pas lu les journaux avant de poster mon commentaire : donc bonne nouvelle, le lampiste ne fera pas les frais d’un problème qui, au fond, nous concerne tous… C’est déjà ça.