Voilà un mot dont je récuse l’usage pour désigner ceux qui n’ont pas eu la majorité des suffrages.
Il peut désigner un sous groupe dont le nombre d’individus est inférieur au groupe principal appelé majorité. C’est ainsi qu’il désigne aussi les « minorités » ethniques, linguistiques, religieuses, nationales… Ces minorités se rendent visibles et exercent souvent un véritable pouvoir en se regroupant au sein d’associations et par le lobbying. Comme bretonne et femme je suis plutôt fière de me réclamer de ces minorités là.
Par contre, en Droit, l’état de minorité est celui de la personne qui n’a pas atteint l’âge légal auquel il peut jouir de tous ses droits de citoyen et pour les quels il est représenté par ses parents ou tuteur. Pour Kant, c’est « l’incapacité de se servir de son entendement sans la direction d’autrui ».
Incapacité à penser et incapacité à agir sans l’assistance d’un tiers – un tiers de la majorité peut être ?
Or, en politique, dans un régime représentatif et démocratique le mot opposition désigne l’ensemble de ceux qui n’ont pas eu la majorité des suffrages. Qui dit opposition en politique ne dit pas dénégation systématique de l’action de la majorité mais propositions et vigilance sur les décisions concernant la vie de la cité. Elle a droit à une parole libre et respectée même dans la critique car la critique – au sens propre – a pour vocation à faire ressortir les qualités et les défauts d’une action, d’une chose ou d’une personne.
Pour ma part, j’ai trouvé plus que déplacée l’intervention du maire lors du conseil municipal du mois de mars. Elle m’a laissée sans voix ; car je l’ai entendu comme une réprimande concernant les propos retranscrits dans la presse après notre rencontre avec les journalistes. Il nous désigne comme « la minorité » – et je ne néglige pas la symbolique des mots dans la bouche de quelqu’un qui « a fait sciences po » – nous refuserait-il le droit de parole parce qu’incapable d’agir et de penser par nous même ? Le débat contradictoire même maladroit, ne fait-il pas partie du jeu politique ?
Marie-Line Depail
Chaque mot à un sens. Et le présent commentaire le décrit plutôt bien. Opposition, minorité,… il s’agit pour JYDC d’utiliser celui qui lui convient le mieux, en fonction de l’endroit et du moment. Sans que ni l’un ni l’autre ne lui convienne bien sûr, car la réthorique centriste surfe sur le toutlemonde il est beau, toutlemonde il est gentil.
A l’usage de ses mots ses élans fraternels s’en trouvent ainsi requalifiés. Chasser le naturel, il revient au restau.
L’opposant est insupportable, la minorité négligeable.
Il n’a pas fait sciences po. Je sais bien que ce genre de précision est assez stupide mais puisqu’il s’en targue, soyons au moins précis là-dessus.
Ah bon… Mais alors… il a fait Sciences Po, ou il n’a pas fait Sciences Po ?
Fait-il comme Sarko ? Ment-il sur son CV ?
A mon avis, ce n’est pas grave de ne pas avoir fait Sciences Po, mais c’est grave de mentir…
Merci à Maie Line pour ton article que j’approuve pleinement.
Comme disait F.Miterrand: “en politique il n’y a de possible qu’une opposition pleine et sans concession”.
L’opposition à JYDC doit s’assumer comme telle et systématiquement marquer ses points de désaccord.
Il faut casser ” la petite musique du gentil jeune élu attentif et …et qui passe si bien à la télé…” insister sur les vides et les contradictions du personnage.
Il est bien connu que les beaux et grands discours ont…….. J’aimerais quand même bien que la “dite” opposition s’oppose. Qu’elle soit un peu plus sur le terrain et n’attende pas les élections pour se manifester 15 jours avant le scrutin. J’aimerais aussi que ces 5 élus et les responsables du PS locale se rendent, s’informent, et rendent compte aux paimpolais de ces travaux non effectués à Kernoa; des travaux effectués, eux, à la mairie; du chamboulement des services, de la suppression de services sociaux du CCAS; s’inquiètent de savoir conbien ERDF a économisé en faisant effectuer le travail d’entretien des 150 points EDF par les personnels en insertion de kerpalud et qu’ils soulignent que leur faire entretenir le GR 34 est légitime. J’aimerais bien, j’aimerais bien, hélas, des mots, des mots, de la sémantique, et de la langue de bois. Les européennes montreront une fois de plus que la droite et sa guerre contre les pauvres et les services publiques l’emportera devant l’atonie du PS.