… les incohérences communautaires.
Mille feuilles d’Oranges…. les échelons communautaires vus sous un autre angle (NDLR)
Les Français, et donc les Bretons, et donc les Paimpolais, s’intéressent assez peu aux institutions et à leur fonctionnement. C’est dommage, car ces questions ont des incidences, à la fois sur notre vie de tous les jours et sur les impôts que nous payons. On a coutume, à juste titre mais sans jamais en tirer les conséquences, de critiquer ce qu’on appelle le mille-feuilles français : Etat, région, département, pays, communauté de communes ou d’agglomération, commune… les structures s’empilent. Une situation qui brouille les pistes – qui fait quoi ? qui décide de quoi ? – et qui coûte cher.
Personne ne s’y retrouve réellement et certains comportements viennent encore aggraver ou compliquer les choses. On l’a vu à Paimpol, tout récemment.
Ainsi quand le maire de Paimpol s’échine laborieusement à justifier un recrutement en expliquant qu’il a besoin d’aide pour porter « son » projet de territoire, il se trompe ou trompe la population. C’est à la Communauté de Communes Paimpol Goëlo qu’il revient d’établir et de mettre en œuvre le projet de territoire. Les élus communautaires ont d’ailleurs déjà commencé à y travailler, avec l’aide d’un personnel compétent. De la même façon, c’est la CCPG qui en charge le développement économique – une compétence obligatoire et exclusive – et c’est en qualité de vice-président de la Communauté de Communes et non de maire de Paimpol que Jean Yves de Chaisemartin doit prendre sa casquette de VRP pour défendre le territoire et ses dossiers économiques.
Si recrutement il devait y avoir, c’est à l’échelon communautaire et non à l’échelon communal. Pourtant, il n’y a pas si longtemps, on a vu JYDC s’élever contre le recrutement d’un chargé de communication à la CCPG, pour des raisons financières… Les finances communales mériteraient-elles moins de précautions que celles de la CCPG… Ce n’est pas ce que l’on croit savoir.
Comme pour achever de brouiller les pistes – après avoir loupé la marche de la présidence de la CCPG – le maire de Paimpol s’agite énormément, par exemple sur le dossier, porteur, des Hydroliennes, un dossier qui pourtant ne doit pas grand chose – sinon rien – à son action. Il est en revanche beaucoup plus discret sur le dossier toujours en rade de la zone ostréicole qui relève pourtant directement de sa délégation à la CCPG, mais pour lequel il y a sans doute plus de coups à prendre que de félicitations à glaner… Alors que l’on devrait tout mettre en œuvre pour retrouver l’esprit communautaire mis à mal pendant les sept dernières années, c’est l’esprit de clocher qui semble prévaloir. Le cavalier seul de JYDC inquiète, quand la situation exigerait un jeu collectif.
Mais les incohérences ne sont pas de son seul fait.
Que dire de ces cantons, vestiges du passé, qui ne correspondent plus à rien ? Quand les communes de Lanleff, Lanloup et Pléhédel appartiennent à la Communauté de Communes Paimpol Goëlo mais relèvent de Plouha sur le plan cantonal… comment voulez-vous que le citoyen s’y retrouve ? Il a vraiment de quoi y perdre ses petits !
Revenons un moment au projet de territoire. Les élus communautaires y travaillent, a-t-on dit plus haut. Dans une certaine précipitation, puisque la copie doit être rendue pour la fin de l’année.
Il est quand même étonnant de voir des élus travailler sur un projet, sans que ce projet n’ait été proposé aux électeurs. C’est pourtant exactement ce qui se passe. Après une campagne municipale où les enjeux communautaires étaient les grands absents, la CCPG élabore un projet qui, à aucun moment, n’a reçu la moindre onction électorale. Et elle le fait à toute vitesse sans consultation de la population… Ceci n’est ni logique ni démocratique et contribue un peu plus à déconnecter les citoyens de la politique.
A quoi est-ce dû ? Au mode de désignation des délégués communautaires, désignés au second degré. Il est temps, plus que temps, que les élus communautaires le soient (élus) au suffrage électoral direct et sur la base d’un programme proposé au verdict des électeurs. Avec la montée en puissance de l’intercommunalité, cela devient une urgence démocratique.
Voilà qui fait partie des propositions que formule l’UDB, afin d’améliorer le fonctionnement de nos institutions. Elle en a d’autres, pour une nouvelle architecture territoriale. Elle propose notamment de réduire l’organisation des collectivités à trois niveaux de responsabilité et de décision : les Communes, dont on encouragera les fusions, les Pays, pour l’organisation et le financement des services de la vie quotidienne (avec une assemblée élue au suffrage universel direct à la proportionnelle) et la Région, qui aura une fonction de chef de file. Dans le cadre de la décentralisation, pourquoi la Bretagne – une Bretagne réunifiée bien entendu – ne serait-elle pas autorisée à expérimenter cette nouvelle organisation territoriale ? L’UDB est prête à en débattre.
Elle invite en tout cas les citoyens à la plus grande vigilance. Des réformes se préparent, dans une relative discrétion et dans une certaine indifférence. Et l’on connaît le goût prononcé de la droite pour les manœuvres électorales et les tripatouillages. Les électeurs paimpolais en savent quelque chose, dont la circonscription pour les législatives s’étire de Lannion à Etables sur Mer, grâce aux bons soins de M. Pasqua, un orfèvre en la matière…
UDB Paimpol-Goëlo
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