Compte Rendu Officiel Conseil Communautaire du 15 Avril 2008 (cliquez)
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Elections Communauté de Communes
Publié par paimpolavivre sur Avril 2, 2008

Articles issus de Ouest France
On en attendait quatre. Finalement, il n’était que deux candidats à briguer la présidence de la communauté de communes hier soir. On imaginait un clivage gauche-droite, l’élection s’est plutôt résumée à une opposition entre la plus grosse commune, à savoir Paimpol, et les petites, symbolisées par Lanleff. Le duel mettait aux prises le plus jeune délégué, Jean-Yves de Chaisemartin, 29 ans, maire de Paimpol, et un des plus anciens, Maurice Goarin, 59 ans, maire de Lanleff. Et le fauteuil de président est revenu à Maurice Goarin.
Dans son discours de présentation, le maire de Lanleff a fait valoir son expérience. « Je suis un ancien de la maison puisque j’ai siégé à Paimpol-Goëlo lors des premières mandatures. » Né le 19 août 1948, il se revendique « paysan, producteur de légumes ». Son engagement professionnel l’a conduit à devenir administrateur de l’Union des coopératives de Paimpol et Tréguier depuis 2003 et président du syndicat du coco de Paimpol en 1990. « Nous avons obtenu l’appellation d’origine contrôlée (AOC) pour le coco. Ce qui m’a valu d’être vice-président de l’Institut national des appellations d’origine ».
« Travailler ensemble »
Entré au conseil municipal de Lanleff en 1995, il en est devenu maire en 2001. Un premier mandat marqué par « un accident de parcours » puisqu’une partie de son équipe l’a mis en minorité. Élu facilement dès le premier tour aux dernières élections municipales, il accède pour la première fois au poste de président de la communauté de communes. « C’est peut-être audacieux pour un maire d’une si petite commune de prétendre présider la communauté de communes. Mais pourquoi pas ? »
Petit clin d’oeil à Jean-Yves de Chaisemartin venu avec « un contrat de projet », Maurice Goarin a joué la carte du rassemblement. « Je n’arrive pas avec un programme plié et cacheté. L’avenir de la communauté de communes ne doit pas être le choix d’un homme. Que notre diversité constitue la richesse de cette assemblée. » Ce discours empreint de simplicité et de sincérité a semble-t-il trouvé un écho auprès des 42 délégués des neuf communes. Maurice Goarin récolte 22 voix contre 19 à Jean-Yves de Chaisemartin (et vote un blanc a été comptabilisé). Le maire de Paimpol se console avec le poste de premier vice-président (lire ci-contre). Comme le symbole d’une volonté de relancer une machine trop longtemps grippée par les querelles de personnes et d’opinion, les deux hommes ont réciproquement manifesté leur envie de « travailler ensemble ».
Les délégués communautaires ont élu 8 vice-présidents : 1er vice-président, Jean-Yves de Chaisemartin (élu à 25 voix contre 16 pour Philippe Coulau) ; 2e vice-président, Pierre Leroy (Kerfot), 38 voix contre 3 voix pour Georges Lucas ; 3e vice-président, Dominique Connan (Lanloup) ; 4e vice-président, Yvon Le Put (Pléhédel) ; 5e vice-président, Jean-Pierre Le Normand (Ploubazlanec) ; 6e vice-président, Philippe Coulau (Plouézec) ; 7e vice-président, Michel Raoult (Plourivo) et 8e vice-président, Christian Desnée (Yvias). Cinq membres du bureau : Georges Lucas (Paimpol), François Argouarch (Paimpol), Danièle Brézellec (Ploubazlannec), Jacqueline Gouëlou-Caplat (Plouézec) et Jean-Yves Danic (Plourivo).
David DÉSILLE.
Maurice Goarin, 59 ans, maire de Lanleff, a été élu président de la communauté de communes Paimpol-Goëlo hier soir. C’est la première fois qu’il accède à la présidence. Il a recueilli 22 voix. Jean-Yves de Chaisemartin, 29 ans, maire de Paimpol, a reçu 19 voix. Il a été élu premier vice-président. Un vote blanc a été comptabilisé.
La communauté de communes Paimpol-Goëlo est composée des neuf communes suivantes : Kerfot, Lanleff, la plus petite commune de la communauté de communes, Lanloup, Paimpol, Pléhédel, Ploubazlanec, Plouézec, Plourivo et Yvias.
Nous y voilà au 3e tour des élections municipales. Mardi, les délégués à la communauté de communes choisiront leur président et le bureau. Avec le transfert de compétences, les communautés de communes concentrent de plus en plus de pouvoir. Ici, Paimpol-Goëlo gère le développement économique, le tourisme, la collecte des déchets et des établissements publics comme la piscine ou l’aire d’accueil des gens du voyage… En contrepartie, Paimpol-Goëlo perçoit une part des taxes d’imposition locale, notamment la taxe professionnelle unique.
Autant dire que les communautés sont aujourd’hui un levier important de développement. C’est tout le discours de Jean-Yves de Chaisemartin, maire de Paimpol, qui en brigue la présidence. Pendant la campagne, il n’a cessé de répéter que « Paimpol-Goëlo était un gros bateau dont Paimpol, avec son port, est le moteur ». Et il se verrait bien en capitaine. « J’ai un contrat de projet. À neuf communes, on est plus forts que seul. Ma priorité est le développement économique avec les autres communes : le maritime avec Ploubazlanec, le logement avec Plourivo, le tourisme avec Pléhédel, Yvias, Lanloup… »
Un ticket à gauche ?
Depuis sa création, la machine Paimpol-Goëlo s’est grippée à cause des clans droite-gauche. Et il y a fort à parier que l’élection de mardi sera très politique. À gauche, Maurice Goarin, le maire de Lanleff, a déjà prévenu qu’il serait candidat à la présidence. « J’ai l’expérience avec moi. » Il se veut aussi le porte-parole des petites communes face au gros Paimpol. « Si Jean-Yves de Chaisemartin est élu, Paimpol aura eu la présidence pendant une quinzaine d’années. Il n’y a pas de raison que nous, petites communes, devions être uniquement des contribuables financiers. » Sa candidature est « personnelle, même si je risque d’être catalogué à gauche », précise ce maire socialiste.
À gauche, un autre élu se tâte : Philippe Coulau. Ancien maire et actuel adjoint à Plouézec, il est estime être « un recours éventuel dans la situation actuelle ». Il pense qu’il « est temps de créer un esprit communautaire pour que les citoyens s’approprient ce territoire et ses enjeux ». Militant UDB, homme de gauche, il est avant tout « délégué de Plouézec ». Il n’exclut pas « un ticket président-vice-président » avec Maurice Goarin. En bref, une candidature unique à gauche.
En coulisses, il se murmure aussi qu’Yvias pourrait aligner un de ses représentants. Pas le maire en tout cas. « Je n’ai pas le temps, tranche Jean-François Guillou. Par contre, c’est vrai qu’il y a des discussions pour qu’un élu de notre commune se présente. Mais il est encore trop tôt pour en parler. » Il reste cinq jours. La fin de semaine et le week-end promettent d’être riche en discussions.
Qu’on le veuille ou non, l’élection à la présidence de la communauté de communes Paimpol-Goëlo risque de s’effectuer sur des critères politiques. En tout, 42 délégués titulaires des neuf communes seront autorisés à voter. Jean-Yves de Chaisemartin devrait faire le plein des 12 voix paimpolaises. Deux communes se situent clairement à droite : Kerfot (3 délégués) et Yvias (3). Même s’il refuse les étiquettes, le maire de Paimpol pourrait bénéficier des voix de droite qui s’opposeront à la gauche. Ce qui lui assurerait 18 voix.
À gauche, on recense Plouézec (cinq délégués), Ploubazlanec (5), Pléhédel (4) et Lanleff (3), soit 17 voix. Sachant qu’il faut 22 voix pour être élu, les communes de Lanloup (3) et Plourivo (4), dont les représentants sont issus de liste d’ouverture ou sans étiquette, pourraient faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Réponse mardi.
On en parle désormais comme du 3 e tour des élections municipales. Les élections à la tête des communautés de communes et communautés d’agglomération viennent de se terminer. Petit tour d’horizon non exhaustif des changements.
Autre changement politique, sur la communauté de communes de Ploërmel,
puisque Béatrice Le Marre (PS), la tombeuse de Paul Anselin (UMP) à la mairie de Ploërmel, prend aussi la présidence de la structure intercommunale. On citera d’autres cas de communautés de communes qui auront rosi à la suite des municipales : les Trois rivières (Tréguier) avec Roger Kerambrun, le maire de Plougrescant. Idem pour le Sud Goëlo, la droite ayant perdu Saint-Quay-Portrieux et Binic, Loïc Raoult, maire (PS) de Plourhan a pris les commandes. Dans le Kreiz-Breizh, Jean-Yves Philippe, le maire divers gauche de Saint-Connan, succède au Vert Michel Balbot, battu aux municipales. Plus au sud, après la victoire socialiste à Pont-l’Abbé, le Pays bigouden Sud a également viré à gauche avec, à sa tête, Jean-Paul Stanzel, premier adjoint au maire (PS) de Penmarc’h.
La bascule a également fonctionné de la gauche vers la droite. Comme dans la communauté de communes de Douarnenez. William Boulic, premier adjoint du nouveau maire divers droite de la ville centre, est élu président. À Centre Armor Puissance 4 (Plaintel-Plœuc) aussi, le maire divers droite de Plaintel, Joseph Le Vée, s’empare de cette communauté à gauche jusqu’à présent. Enfin, on peut parler des communautés de communes de Crozon, tenue par Daniel Moysan, le nouveau maire divers droite de Crozon, et de Châteaulin et du Porzay où le maire « sans étiquette » de Plomodiern, Claude Bellin, a pris la présidence. Il bénéficiait des soutiens de Gaëlle Nicolas, maire divers droite de Châteaulin et de Jacques Gouerou, maire et conseiller général divers droite. « Les communautés de communes prendront un tournant politique lorsque l’élection se fera au suffrage universel », explique Claude Bellin. « Je considère que ma mission n’est pas politique et je ne souhaite pas qu’elle le devienne. On travaille tous ensemble, pour notre territoire ».
Enfin, on a assisté à une révolte des petites communes. À la communauté de communes d’Auray, c’est ce qui expliquerait, selon Michel Le Scouarnec, maire communiste d’Auray, sa défaite devant le maire « sans étiquette » de Plumergat, Michel Jalu. « Il a mis cet argument en avant. Mais nous allons bientôt montrer l’effort supporté par Auray dans l’intérêt de tous… Car la ville centre est un moteur ». C’était aussi un des arguments de Jean-Yves de Chaisemartin, nouveau maire démocrate de Paimpol, battu par Maurice Goarin, maire divers gauche de Lanleff, deuxième plus petite commune des Côtes-d’Armor. « C’était un coup de poker, explique celui-ci. On en avait marre du diktat de Paimpol et de n’être que des contribuables financiers. Pour moi, c’est davantage un coup de gueule des petites communes qu’un vote politique. D’ailleurs, je suis pour le partage du pouvoir avec le droit d’imaginer et je suis surtout allergique à la pensée unique ! Donc, les différences d’étiquettes ne me dérangent pas ».


Les nouveaux membres de la communauté de communes Paimpol-Goëlo au complet après l’élection de mardi soir. Au premier rang à gauche, Jean-Pierre Le Normand (cinquième vice-président, Ploubazlanec), Christian Desnée (huitième vice-président, Yvias), Maurice Goarin (président, Lanleff), Michel Raoult (septième vice-président, Plourivo), Dominique Connan (troisième vice-président, Lanloup). Deuxième rang à gauche, Philippe Coulau (sixième vice-président, Plouézec) Yvon Le Put (quatrième vice-président, Pléhédel), Jean-Yves de Chaisemartin (vice-président, Paimpol) et Pierre Leroy (deuxième vice-président, Kerfot).
Communauté de Commmunes : Nom masculin,….
avec seulement un tiers de femmes dans les des titulaires a la comcom, et pas un seul maire au féminin cette situation n’est pas réellement surprenante.
cela relève certainement des chantiers à mettre en oeuvre pour la prochaine mandature…
il va maintenant falloir être attentif à ce qui se passe au sein du conseil communautaire et tenter d’orienter les décisions dans le bon sens.
il me semble qu’integrer un projet intercommunal dans une campagne municipale sera une des conditions nécéssaire à une eventuelle alternance.
Je ne sais pas encore comment nous pourrons tenter d’orienter les décisions dans le bon sens. Il serait souhaitable, que la Comcom ne soit pas à Paimpol, ce qu’est Bruxelles aux plus eurosceptiques ou pire, aux politiques façon Sarko cad : une formidable outil, garant de l’indépendance et de la compétitivité d’un territoire sur lequel il rayonne… quand tout va bien; et un machin sans nom, dont la seule vertu serait de pouvoir expliquer les échecs locaux… quand tout va mal. Ceci étant, c’est aussi à la Comcom de faire les efforts pour ne pas être vécu comme tel.
Seule certitude :les années qui viennent renforceront sans doute les domaines d’interv de la comcom, avec exlusivités.
Moralité : un projet intercommunal dans une campagne municipale pourquoi pas, mais à condition de changer de mode de scrutin pour l’élection des membres de la comcom ? Sinon, on se fait plaisir.