Le 24 février 2009 après de longs débats le Conseil de la Communauté de Communes Paimpol Goëlo (CCPG) votait à l’unanimité son projet de territoire qui définit les objectifs à atteindre durant les cinq prochaines années.
Au chapitre intitulé « Repenser le mode de gestion de la ressource » on peut lire ceci : “L’importance des enjeux environnementaux et économiques conduira le territoire Paimpol-Goëlo à repenser le mode d’organisation actuelle de la protection, de la gestion, de la distribution et du traitement de la ressource avec, pour objectif, une amélioration plus rapide et substantielle de la qualité de l’eau et du service rendu à la population.”
Dans la foulée, la CCPG prenait la compétence « Eau » jusqu’à présent exercée par le Syndicat Intercommunal du Goëlo. Un bon début…
Le contrat avec la compagnie Veolia arrivant à échéance au printemps 2010, il fallait ensuite choisir le mode de gestion de la distribution et de la gestion de l’eau, avec trois options possibles :
- la régie totale : la CCPG prend en charge la gestion et l’exploitation technique ;
- la régie partielle : la CCPG prend en charge la gestion et confie l’exploitation technique à une société privée (appelée le fermier) ;
- l’affermage : la CCPG confie la gestion et l’exploitation au fermier.
Il va de soi que le fermier ne fait pas cela gratuitement car il doit rémunérer ses actionnaires.
Le 7 juillet dernier une majorité de conseillers communautaires de la CCPG (25 contre 16) a décidé qu’au lieu de repenser le mode de gestion, il fallait surtout ne rien changer… Quelques jours plus tard, le Syndicat Intercommunal du Goëlo prenait la même orientation, au cours d’un vote dont la légitimité pose question. On allait donc continuer de confier l’eau au privé.
On peut s’interroger sur la valeur qu’accordent certains conseillers communautaires au Projet de Territoire qui doit être un véritable contrat de mandature.
Ensuite, il y avait la possibilité de reconquérir, même si cela était de façon partielle, un service public : celui de l’Eau. Le vote du 7 juillet était donc un choix éminemment politique. Certains élus, la main sur le cœur et des sanglots dans la voix, font des déclarations sur la défense du service public. Mais ils renoncent dès qu’ils ont l’opportunité de mettre leurs paroles en cohérence avec leurs actes…
Un de leurs arguments étaient qu’il fallait attendre 6 ans pour mieux préparer le changement. La théorie “du reculer” pour mieux sauter en somme. Mais nous savons très bien que de reculade en reculade, l’objectif s’éloigne… Ceci est d’autant plus vrai que dans 6 ans (en 2015), de nouvelles équipes municipales et communautaires seront en place… Pourquoi ne voudraient-elles pas, à leur tour « mieux préparer » l’évolution et se donner un nouveau délai ?
Au nom d’une logique confuse, on a manqué l’occasion d’offrir aux usagers un service aussi performant, pour un coût probablement moindre. Quelles sont les véritables raisons de cet incompréhensible recul ?
L’affermage sera donc reconduit. Les élus UDB du territoire de la CCPG se montreront vigilants lors des négociations du nouveau contrat. Ils seront au coté des usagers dans le combat pour la reconquête des services publics. Celui de l’eau comme de tous les autres.
L’UDB du pays de Paimpol-Goëlo.
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